1) Thermographie : définition simple
Une caméra thermique détecte l’énergie infrarouge émise par les surfaces et affiche une carte de températures. Les couleurs ne sont pas “le chaud = rouge / le froid = bleu” de façon universelle : la palette peut changer.
À retenir : la thermographie mesure une température de surface (mur, plafond, sol), pas la température “dans le mur”.
2) À quoi ça sert vraiment ?
- Ponts thermiques : dalles, linteaux, chaînages, jonctions mur/plancher, appuis de fenêtre…
- Défauts d’isolation : zones non isolées, isolant manquant, isolant tassé…
- Infiltrations d’air : prises, trappes, coffres de volets, jonctions menuiseries…
- Humidité (avec prudence) : l’évaporation refroidit la surface → zones plus froides possibles
- Plancher chauffant / réseaux : repérage de circuits (selon conditions)
3) Conditions idéales pour une bonne thermographie
- Écart de température intérieur/extérieur : idéalement ≥ 10°C (plus c’est marqué, plus c’est lisible).
- Pas de soleil sur les façades (sinon la paroi est “chauffée” artificiellement).
- Peu de vent (le vent refroidit les surfaces et fausse les résultats).
- Pas de pluie récente (l’humidité superficielle perturbe la lecture).
- Chauffage stable dans le logement (éviter d’éteindre/allumer au dernier moment).
Cas typique d’erreur : photo thermique extérieure en plein soleil → on “voit” surtout l’effet du soleil, pas l’isolation.
4) Réglages importants (à connaître)
Les caméras modernes sont faciles, mais quelques réglages changent tout :
- Émissivité : capacité d’une surface à émettre (peinture mate ≠ métal brillant). Mauvaise émissivité = température fausse.
- Reflets : vitres, inox, carrelage brillant → la caméra peut “voir” le reflet (vous, ciel, radiateur…).
- Distance / angle : trop loin ou trop de biais = moins précis.
- Palette de couleurs : choisir une palette lisible, mais surtout regarder les valeurs (min/max).
- Échelle automatique vs manuelle : l’automatique peut “exagérer” ou “aplatir” les différences.
5) Comment lire une image thermique
- Regarder l’échelle (température min/max) : une image “très colorée” peut n’avoir que 1–2°C d’écart.
- Comparer des zones similaires (même mur, même orientation, même matériau).
- Croiser avec le réel : plan, structure, matériaux, emplacement radiateurs, coffres…
- Faire une photo “visible” en plus (la plupart des caméras le permettent) pour se repérer.
6) Signes typiques (ce qu’on voit souvent)
| Ce que vous voyez | Interprétation possible | À vérifier |
|---|---|---|
| Lignes froides horizontales au niveau des planchers | Pont thermique de dalle / plancher | Isolation périphérique, liaison mur/plancher |
| Contours froids autour des fenêtres | Fuite d’air / défaut de calfeutrement / pont thermique | Joints, mousse, tapées, tableaux, appuis |
| Taches froides localisées en mur/plafond | Isolant manquant/tassé ou humidité | Humidimètre, historique (fuite ?), matériau |
| Zones chaudes en plafond (pièce chauffée au-dessus) | Déperdition vers combles / manque d’isolant | État des combles, trappe, spots, pare-vapeur |
7) Erreurs d’interprétation fréquentes
- Confondre reflets (vitre/métal) avec une vraie température.
- Comparer des matériaux différents (béton vs bois) sans tenir compte de l’émissivité.
- Faire des conclusions avec un écart intérieur/extérieur trop faible.
- Interpréter une “tache froide” comme humidité sans contrôle (ça peut être un pont thermique).
- Oublier l’influence du vent, du soleil, de la pluie, ou d’un radiateur proche.
Le combo le plus efficace : thermographie + test d’infiltrométrie (blower door).
En mettant la maison en dépression, on rend les fuites d’air beaucoup plus visibles à la caméra.
En mettant la maison en dépression, on rend les fuites d’air beaucoup plus visibles à la caméra.
9) Check-list avant une visite thermographique
- ✅ Chauffage en fonctionnement stable (pas d’arrêt brutal).
- ✅ Écart intérieur/extérieur suffisant (idéalement ≥ 10°C).
- ✅ Pas de soleil sur façade (privilégier tôt le matin / nuit / ciel couvert).
- ✅ Peu de vent, pas de pluie récente.
- ✅ Préparer les zones à contrôler : trappe combles, tableaux fenêtres, coffres, prises, jonctions.
- ✅ Photos “visibles” en parallèle pour documenter.
Clause (site) : Les images thermiques doivent être interprétées avec méthode. Une thermographie n’est pas un diagnostic complet à elle seule.
Pour conclure (humidité, structure, conformité), il faut souvent des contrôles complémentaires.