Objectif : comprendre les règles essentielles (DTU, arrêtés, entretien) pour éviter les risques d’incendie, de refoulement et de monoxyde de carbone.
1) Définition et types de conduits
Un conduit de fumée sert à évacuer les produits de combustion (bois, granulés, gaz, fioul…) depuis un appareil (insert, poêle, chaudière) jusqu’à l’extérieur.
- Conduit maçonné (boisseaux) : traditionnel, souvent en terre cuite ou béton.
- Conduit métallique isolé (double paroi) : souvent utilisé en création, traverse combles/toiture.
- Tubage inox (rigide ou flexible) : fréquent en rénovation pour rendre un conduit existant conforme.
- Conduit de raccordement : partie visible entre l’appareil et le conduit de fumée (à ne pas confondre).
2) Les textes de référence
- NF DTU 24.1 : règles de conception et mise en œuvre des conduits de fumée (fumisterie).
- Arrêté du 22 octobre 1969 : règles générales pour les conduits (individuels/collectifs) et l’évacuation.
- Règlement Sanitaire Départemental (souvent décliné localement) : règles d’entretien/ramonage.
- Notices fabricants : elles s’imposent (diamètres, distances, accessoires, conditions de pose).
3) Les grandes règles à respecter
- Étanchéité et continuité : un conduit doit évacuer les fumées sans fuite (fumées/CO) ni entrée d’air parasite.
- Écart au feu : respecter les distances entre le conduit et tout matériau combustible (bois, isolants, plaques, charpente…). Les valeurs exactes dépendent du système (simple/double paroi, isolé) et des prescriptions DTU/fabricant.
- Dimensionnement : diamètre/section adaptés à l’appareil et à la hauteur (tirage). Sous-dimension = refoulement/encrassement.
- Accessibilité : prévoir des points de visite/ramonage, trappes, accès au débistrage si nécessaire.
- Compatibilité : un appareil = un conduit (sauf cas encadrés). Pas de bricolage “multi-appareils” sans étude.
4) Débouché en toiture : hauteur et emplacement
La sortie du conduit (souche/terminal) doit être placée pour éviter les zones de surpression et le refoulement (vents, obstacles).
- Règle courante : débouché généralement ≥ 40 cm au-dessus du faîtage (et/ou de toute partie de construction proche, selon cas et rayons définis par les textes).
- Toiture-terrasse / faible pente : des hauteurs spécifiques sont prévues (souvent plus haut qu’en toiture inclinée).
- Obstacles : bâtiments voisins, murs plus hauts, arbres… peuvent imposer une hauteur/position différente.
5) Tubage : cas typiques en rénovation
Le tubage consiste à insérer un conduit (souvent inox) à l’intérieur d’un conduit existant pour améliorer l’étanchéité, la sécurité et l’évacuation.
- Ramonage/débistrage avant pose : indispensable avant de tuber.
- Tubage continu : on évite le tubage “sur une partie seulement” (risque de points faibles / non-conformité).
- Adaptation à l’appareil : diamètre, type (flexible/rigide), résistance (température, corrosion, condensats).
- Fixation et terminaison : tête de conduit, plaque d’étanchéité, chapeau/terminal conforme.
6) Ramonage & entretien
L’entretien est une obligation de sécurité : il limite le risque de feu de cheminée et d’intoxication. La fréquence exacte dépend des règles locales (commune/département) et du type d’appareil.
- Ramonage : au minimum 1 fois/an, souvent 2 fois/an pour les installations bois (selon règlement local).
- Justificatif : conserver l’attestation/facture du professionnel (souvent demandée par l’assurance après sinistre).
- Signes d’alerte : odeurs de fumée, noircissement, tirage faible, refoulement, bistre/goudron, condensats.
7) Points de contrôle (check-list)
- Appareil adapté au conduit (type de tirage/pression, puissance, diamètre).
- Conduit continu, étanche, avec accès de ramonage (trappe, Té, regard…).
- Écart au feu respecté (conduit / coffrage / traversées de planchers et toiture).
- Débouché en toiture : position/hauteur conforme, pas dans une zone de surpression.
- Absence de fissures, boisseaux cassés, “piquages” sauvages, rétrécissements.
- Raccordement : pente/longueur conformes, colliers, rosaces, pas de matériaux combustibles au contact.
- Ventilation / amenée d’air : l’appareil doit avoir l’air nécessaire (sinon tirage instable et CO).
FAQ (questions fréquentes)
Peut-on tuber seulement “la partie du haut” ?
En pratique, on évite : un tubage partiel crée des zones de rupture (étanchéité, température, dépôts). En rénovation, on privilégie un tubage continu adapté à l’appareil + conduit nettoyé avant pose.
Pourquoi mon insert refoule quand il y a du vent ?
Causes fréquentes : débouché trop bas / mal placé, zone de surpression (faîtage, obstacle), conduit encrassé, section insuffisante, amenée d’air insuffisante, ou terminal inadapté.
Ramonage : locataire ou propriétaire ?
Souvent, l’occupation courante = entretien (donc locataire), mais cela dépend du bail et des règles locales. En cas de doute : bail + règlement sanitaire local + assurance habitation.
Est-ce qu’un conduit peut traverser une charpente en bois ?
Oui, si les traversées sont traitées correctement : écart au feu, isolations/colliers, chevêtre, protections, et accessoires conformes au système (double paroi isolée très souvent).
Boisseaux fissurés : c’est grave ?
Oui : risque de fuite de fumées/CO et d’échauffement au contact des matériaux combustibles. À faire diagnostiquer et souvent : tubage + remise en état + contrôle.