Une pompe à chaleur (PAC) récupère des calories dans l’air, le sol ou l’eau pour chauffer (et parfois rafraîchir) un logement. Le choix dépend du bâtiment (isolation), des émetteurs (radiateurs / plancher chauffant), du budget et des contraintes (bruit, place, autorisations).
1) Comment fonctionne une PAC
Une PAC déplace de la chaleur grâce à un cycle frigorifique (évaporateur → compresseur → condenseur). En clair : elle capte des calories à l’extérieur (air/sol/eau) et les transfère dans le logement.
- Source : air extérieur, sol, eau (nappe, rivière autorisée, etc.)
- Émetteurs : unités intérieures (air/air) ou réseau d’eau (air/eau, géothermie)
- Option : production d’eau chaude sanitaire (ECS) selon modèles
2) Les principaux types de PAC
PAC air / air (clim réversible)
- Installation souvent simple (multi-split possible)
- Peut chauffer + rafraîchir
- Budget généralement plus accessible
- Chauffe l’air : confort variable selon volumes / cloisonnements
- Ne remplace pas toujours un chauffage central dans les maisons très cloisonnées
- Performance plus sensible au froid (selon modèles et climat)
PAC air / eau
La plus courante en rénovation quand on veut alimenter un réseau de chauffage à eau.
- Compatible avec radiateurs ou plancher chauffant (selon température de départ)
- Peut produire l’ECS (selon configuration)
- Bonne solution pour remplacer une chaudière (avec étude)
- Rendement dépend fortement de la température de départ (plus c’est chaud, moins c’est performant)
- Unité extérieure : bruit, givre/dégivrage, emplacement à soigner
PAC sol / eau (géothermie)
Capteurs horizontaux enterrés ou sondes verticales (forage).
- Source plus stable que l’air → bon rendement en hiver
- Pas (ou peu) d’unité extérieure visible/bruyante
- Très bon confort en basse température
- Investissement plus élevé (terrassement/forage)
- Contraintes terrain + éventuelles démarches (surtout en vertical)
PAC eau / eau (sur nappe)
Utilise l’eau souterraine : captage + rejet (ou échangeur selon cas).
- Excellente source thermique → très bon rendement possible
- Confort et stabilité (si ressource disponible et autorisée)
- Réglementation eau plus stricte (captage/rejet), étude obligatoire
- Qualité d’eau : filtration, entartrage/corrosion, maintenance
PAC hybride (PAC + chaudière gaz)
La PAC travaille la plupart du temps, la chaudière prend le relais quand il fait très froid (selon réglages).
- Confort “sans surprise” en plein hiver
- Peut être intéressant en rénovation avec radiateurs haute température
- Deux systèmes = plus complexe, plus de maintenance
- Le coût et l’intérêt dépendent du prix de l’énergie et de l’usage
3) Comparatif rapide
| Type | Chauffage | Rafraîchissement | ECS | Travaux | Points sensibles |
|---|---|---|---|---|---|
| Air/Air | ✅ | ✅ (réversible) | ❌ (sauf systèmes dédiés) | Faibles à moyens | Bruit, diffusion, confort en pièces fermées |
| Air/Eau | ✅ | ⚠️ (si plancher/ventilo-convecteurs adaptés) | ✅ (selon modèle) | Moyens | Température départ, bruit unité ext., dégivrage |
| Sol/Eau | ✅ | ⚠️ (possible selon installation) | ✅ | Importants | Terrain/forage, coût initial |
| Eau/Eau | ✅ | ⚠️ | ✅ | Importants | Autorisation eau, qualité eau, maintenance |
| Hybride | ✅ | ⚠️ | ✅ | Moyens | Complexité, réglages, deux entretiens |
4) Comment choisir (méthode simple)
- Maison très bien isolée + plancher chauffant : air/eau ou géothermie très cohérents.
- Rénovation avec radiateurs : vérifier la température nécessaire (BT/HT) → impact fort sur rendement.
- Petit budget / besoin clim : air/air souvent le plus simple.
- Terrain disponible : géothermie horizontale possible.
- Zone froide / vent : géothermie peut garder un rendement plus stable (si budget ok).
5) COP, SCOP, température de départ
- COP : rendement à un instant donné (ex : 7°C extérieur / 35°C départ).
- SCOP : rendement saisonnier (plus représentatif sur l’année).
- Température de départ : plus elle est haute (ex. 55–60°C), plus la PAC “force” → rendement baisse.
6) Règles & points de vigilance
- Implantation unité extérieure : éviter les résonances (murs, angles), prévoir plots/anti-vibratiles.
- Bruit : respecter voisinage (emplacement + écran acoustique si nécessaire).
- Condensats : prévoir évacuation (dégivrage) et éviter le gel sur passage/trottoir.
- Électricité : protection, section câbles, disjoncteur, et parfois délestage selon puissance.
- Réseau hydraulique (air/eau, géothermie) : pot à boues / filtre, purge, vase d’expansion, équilibrage.
7) Entretien & durée de vie
- Contrôle périodique : nettoyage, pression, paramètres, filtres (air/air), pot à boues (air/eau).
- Durée de vie : souvent 12 à 20 ans selon gamme, entretien et conditions.
- Sur géothermie : capteurs/sondes enterrés durent très longtemps si pose conforme.